Comme après chaque match à domicile, retrouvez un long entretien avec un joueur du SFC publié dans le programme de match. Aujourd'hui, Steve Rouiller


Qui est Steve Rouiller en dehors du football ?

Je suis quelqu’un de casanier, qui est très famille. J’aime passer du temps avec ma femme et mes enfants, faire des promenades, aller en ville, visiter Genève. J’habite au bord du Rhône et il y a des ballades sympathiques à faire avec les enfants.

La famille, c’est quelque chose de central dans ta vie ?

Oui, c’est clair. Nous avons accueilli le deuxième dernièrement et nous commençons à être une jolie petite tribu. Mon ainé, Antoine, est en bonne santé et le deuxième Samuel également, c’est magnifique. Nous sommes bien ensemble et nous envisageons peut-être un troisième enfant à l’avenir. Avec Caroline, nous sommes mariés depuis 2015.

Elle t’a toujours suivi dans tes pérégrinations de footballeur ?

Lorsque j’étais à Sion, elle travaillait dans le coin. A Chiasso, elle n’a pas pu me suivre tout de suite malheureusement, mais elle m’a rejoint début 2016 à Lugano.

Comment te définirais-tu comme père de famille ?

Je n’aime pas beaucoup crier mais, je ne leur laisse pas tout faire non plus. Avec l’aide de Caroline, l’éducation de nos enfants se passe bien car elle a beaucoup de facilité dans ce domaine. On ne s’en sort pas trop mal (rires).

Tu as grandi à Troistorrents dans le Valais. Comment s’est déroulé ton enfance ?

J’habitais dans un chalet éloigné du village dans la montagne. J’ai passé mon enfance avec mon frère, mes cousins et cousines qui n’habitaient pas loin. Nous étions toujours dehors, en forêt autour de la maison. Je descendais à Monthey uniquement pour jouer au football.

Tu as commencé le football à Monthey ?

Non, j’ai commencé à l’école de football de Troistorrents mais dès l’âge de 10 ans, j’ai rejoint des copains qui jouaient à Monthey. A 15 ans je suis parti à Sion.

Tu faisais comment les allers-retours ?

J’avais l’abonnement général des CFF et le sport-études à Collombey. Je suivais les cours le matin puis je prenais le train pour Sion l’après-midi, je m’entraînais et rentrais ensuite le soir. Après le cycle, j’ai passé mon diplôme à l’école de commerce de Martigny. Ma mère se déplaçait souvent pour venir me voir au match, m’amener à la gare et parfois aux entraînements. Elle en a fait des kilomètres pour moi, c’est quelque chose dont on ne se rend pas compte lorsqu’on est jeune. Maintenant je peux la remercier pour tout ce qu’elle a fait pour moi.

Après Sion, tu es retourné à Monthey. Raconte-nous cet épisode.

J’ai fait toutes mes classes juniors jusqu’en M21 à Sion. A 20 ans, je commence à toucher un petit peu à la première en entraînement, avec Bernard Challandes. Je fais même un peu de banc en Super League. Au bout d’un moment, je n’ai pas trouvé ma place et j’ai décidé de retourner à Monthey. Le foot est devenu un peu secondaire pour moi, je jouais en 1e ligue et je faisais des petits boulots à gauche et à droite. Cette situation a duré trois ans avant que Christian Constantin ne m’appelle pour réintégrer la première équipe. J’y suis retourné sur la pointe des pieds mais au final je joue six matches de Super League en six mois. Je devais signer une prolongation de contrat qui n’est jamais venue. Chiasso s’est intéressé à moi et j’y suis allé.

Tu restes trois ans et demi au Tessin, à Chiasso et Lugano. Comment t’es-tu senti dans cette région ?

Je suis tombé amoureux de ce canton et des gens qui y habitent. J’ai des amis là-bas maintenant. Je me suis aguerri en tant que footballeur et en tant qu’homme. Le Tessin m’a permis de rebondir.

Tu deviens un joueur de Super League à 25-26 ans avec une saison complète à Lugano. Tu t’affirmes donc relativement tard dans ta carrière de joueur professionnel, non ?

Je n’ai peut-être pas fait les bons choix au début de ma carrière. Avec les années, j’ai fortifié mon caractère. Lorsque j’étais plus jeune, j’étais très timide et je n’avais pas confiance en moi. Je ne suis plus comme ça maintenant. Avec la maturité, j’ai réussi à me découvrir d’une autre façon.

Un an et demi après Lugano, tu découvres le Servette et un retour en Challenge League. N’est-ce pas un pas en arrière dans ta progression ?

Je ne me suis jamais fixé de plan de carrière précis, je me laisse emporter par les évènements. Je suis fier de mon parcours à Lugano, où je me suis affirmé en Super League et découvert l’Europa League. Après avoir eu des difficultés avec certaines personnes là-bas, j’ai saisi tout de suite l’opportunité de Servette. Je ne pouvais pas me permettre une saison blanche. Le Servette, c’est mythique. Il y a des ambitions et le club est bien structuré, c’est parfait pour moi.

On a l’impression que tu fais partie de ce vestiaire depuis six ans ! A quoi est-ce dû ?

Je n’ai pas l’impression que cela fait seulement six mois que je suis là (rires). Je m’entends bien avec tout le monde, les joueurs comme le staff technique et administratif.

Tu as une entente particulière avec Christopher Routis, non ?

Oui. Je connaissais déjà Anthony Sauthier de mon passage à Sion. Vu qu’il est copain avec Chris depuis longtemps, on s’est vite retrouvé tous les trois. On partage plein de chose, on a le même sens de l’humour, le même âge. Avec Chris, on est les deux également parents.

Tu es le joueur le plus utilisé du contingent. La confiance du coach est importante ?

Oui. Dès le départ, on m’a tout de suite montré qu’on comptait sur moi. J’essaie de leur rendre la pareille sur le terrain et ça se passe très bien. Je discute souvent avec le coach, on échange beaucoup et il me fait comprendre ce qu’il veut, c’est très important.

Tu les vois comment ces treize derniers matches de la saison ?

On a retrouvé le rythme du premier tour même si on n’a pas encore les mêmes résultats. Nous sommes conscients que rien ne va être facile. Les terrains sont compliqués, plus durs à jouer qu’en été. Je pense qu’en évitant les blessures et les suspensions, nous sommes en mesure de relancer la même série qu’au premier tour.

On part sur des questions plus générales. Quelles sont tes passions dans la vie ?

Je passe beaucoup de temps avec ma famille. Mes garçons, c’est quelque chose que j’attendais depuis très jeune pour pouvoir leur inculquer ma vision de la vie. Je n’ai pas forcément de passion à proprement parler. Je ne suis pas plus le football que ça, je regarde les résultats mais je ne regarde pas les matches comme quand j’étais jeune, je n’ai plus vraiment le temps.

Tu suis d’autres sports que le football ?

J’aime bien le tennis pour en avoir pratiqué lorsque j’étais plus jeune. J’ai dû choisir et j’ai décidé de me consacrer au football. Je ne sais pas jusqu’où j’aurais pu aller, mais j’avais un sacré coup droit (rires).

Si tu devais passer la journée dans la peau d’un autre sportif, ce serait qui ?

Roger Federer bien sûr. Je passe des week-ends à m’énerver lorsqu’il perd des points, à vibrer avec lui lorsqu’il gagne des trophées. J’aimerais bien être dans sa peau pour savoir ce qu’il se passe dans sa tête sur des moments de matches. Est-il stressé ? Lui arrive-t-il de douter ?

Si tu devais jouer dans une équipe d’un autre sport collectif ?

Je ne sais pas trop… Si tu m’avais dit le football, je t’aurais dit le Real Madrid, mais dans les autres sports je n’ai pas d’idée. Je ne suis pas d’autres sports collectifs.

Dans une équipe de five, tu prends qui avec toi ?

Je joue en défense avec Ramos. Au milieu, Zidane. En attaque Ronaldo le Brésilien et Van Nistelrooy.

Question de Maccoppi : Dove e il mio panino ?

Ahhhhh… On avait un coéquipier à Chiasso qui s’était endormi en mangeant un sandwich au retour de Milan. Le pain était parti dans toute la voiture de même que les condiments. En se réveillant il avait dit : « Mais où est mon panini ? » Qu’est-ce qu’on avait rigolé !

Qui sera à l’affiche du prochain programme de match et quelle question doit-on lui poser ?

Daniel Follonier. Ma question est la suivante : sur une échelle de 1 à 10, à combien évalue-t-il son centrage du pied droit ?