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Anthony Garnier est le préparateur physique des Grenat. Au club depuis 2013, il est en charge de la première équipe depuis 2016. En pleine période de préparation, il nous accorde un petit entretien.


Anthony, dans quel état de forme physique as-tu retrouvé l’équipe pour la reprise ?

Dans un bon état de forme. Les joueurs ont bien profité des vacances, sont reposés et sont impatients de se remettre au travail. C’est très positif.

Impatients de se remettre au travail ?

Lorsque l’on est dans une dynamique positive, tout est plus facile. Lorsque tu es premier et que tu as des objectifs élevés, tu trouves plus facilement l’envie, c’est logique. Les joueurs étaient contents de se revoir et de retrouver un groupe qui vit bien.

Cela fait 6 ans que tu es au Servette FC. Tu connais désormais les spécificités de ce championnat avec une longue trêve en hiver. Comment l’appréhendes-tu ?

Chacun à sa théorie et ses idées sur ce sujet et c’est aussi ce qui fait la beauté de nos métiers. Pour moi, je pars du principe que nous jouons deux championnats différents entre le premier et le deuxième tour. J’entends par là que nous sortons de quatre mois de compétition intense suivi d’une coupure qui dure entre deux et quatre semaines selon les clubs, avant d’entamer un sprint jusqu’à la fin de saison. J’estime que cette pause permet de régénérer les organismes des joueurs et on repart ensuite pour rejouer quatre mois de compétition en étant prêt le plus vite possible. Il faut que tout le monde soit affuté physiquement pour le premier match début février et on a un mois pour cela. On ne passe pas du temps sur des longues périodes de course avec de l’endurance. On essaie de vite rentrer sur de l’intensité pour répondre aux exigences du football moderne et démarrer fort tout de suite.

Ce que tu expliques, c’est que le foncier ne prend pas énormément de place dans ta préparation ?

On diminue les phases d’endurance basique. On ne passe pas trente à quarante minutes à faire de la course à pieds. Les joueurs ont un programme physique durant la pause qui contient ce genre de choses. Nous n’avons pas le temps de faire ça. On pourrait prendre le temps et sacrifier deux semaines pour le faire mais il faut commencer fort donc on réduit les phases de foncier pour vite partir sur de l’intensité, quitte à en refaire un peu pendant des pauses internationales, en fonction de la dynamique.

Comment se passe le premier jour de reprise pour un joueur du SFC ?

Nous avons mis un protocole en place depuis 5-6 ans qui est en place pour la première comme pour l’académie. Le joueur revient au club et est immédiatement pesé. Nous mesurons également sa masse grasse et s’il dépasse un certain seuil, il est amendé.  Il part ensuite à l’Hôpital de la Tour où il voit le médecin, fait une prise de sang et subit toute une batterie de tests : gainage, endurance etc. Le joueur passe ensuite entre les mains des physios qui regardent si tout va bien. Tout ce processus prend entre une journée et une journée et demie. On fait ensuite un bilan, on statue sur les différents cas qui peuvent poser et on adapte les reprises : doit-on diminuer les charges d’entraînement pour X ou Y ? Ce joueur doit-il éviter de s’entraîner sur synthétique ? Doit-il faire un travail spécifique sur ses ischios ? Etc.

Tout est individualisé ?

Non. Il y a une trame globale qui est suivie par 80% des joueurs. Chacun connaît ce dont il a besoin mais nous sommes là pour leur rappeler certains points : toi tu fais attention car tes adducteurs sifflent un peu, toi ta cheville est fragile donc il faut faire un peu de proprio, toi tes ischios te font souffrir donc il faut suivre tel protocole etc. Nous sommes sur cette dynamique-là. Ce n’est pas un travail individualisé à l’extrême, comme j’ai pu le voir dans certains clubs. On garde une trame de travail et on prend en charge de manière individuelle les joueurs qui nécessitent d’être protégés ou qui ont besoin de travail additionnel.

Après une semaine d’entraînement, comment sont les joueurs ?

Ils sont fatigués. Nous travaillons depuis une semaine non-stop et ça va monter jusqu’à dix jours avec parfois des doubles, voire des triples séances. Ça commence à tirer un peu de partout, ce qui est normal. Dans l’ensemble, nous sommes sur une bonne dynamique de travail avec des joueurs qui sont en forme et d’autres qui montent en puissance. L’important c’est d’avoir tout le monde en forme pour faire une bonne semaine au Portugal dans des bonnes conditions de travail. Après cela, on sera bien dans la tête et dans les jambes pour foncer sur la première journée de reprise et la réception de Vaduz.