Lors de chaque rencontre à domicile, une grande interview d'un joueur est publiée dans le programme de match. Nous vous le faisons découvrir sur notre site internet. Aujourd'hui, Timothé Cognat.


De quelle région es-tu originaire en France ?
Je suis né à Arnas et j’ai passé toute mon enfance à Belleville-sur-Saône, au Nord de Lyon. Mes parents y vivent encore. Je suis parti à Lyon à l’âge de 13 ans.

Comment as-tu commencé le football ?
J’ai commencé le football dans un club où mon père entraînait à l’époque, une équipe du coin qui s’appelait Saint-Jean d’Ardières. Ce club a désormais fusionné avec Belleville.

Comment qualifierais-tu ton enfance ?
Une enfance tranquille, à la campagne. J’allais à pied à l’école de mon village qui était juste à côté de chez moi. Je suis ensuite allé au collège deux ans avant de partir à Lyon.

Qui t’a transmis le virus du football ?
C’est mon père qui me l’a transmis. Déjà tout petit, je regardais les matches à la télévision avec lui. Je viens d’une famille de footballeurs, je me suis logiquement tourné vers ce sport. Ma famille est très fière de me voir joueur professionnel. Mes parents voudraient me voir encore plus haut. Mes grands-parents me suivent également depuis que je suis tout petit, comme mon frère et ma soeur.

Tu es arrivé à l’Olympique Lyonnais à l’âge de 13 ans. Comment cela s’est-il fait ?
Je jouais à Villefranche-sur-Saône, un grand club de la région. L’Olympique Lyonnais m’a contacté pour des détections et cela s’est très bien passé. Ils m’ont proposé, dans la foulée, une place au centre de formation. J’ai eu des difficultés au début mais je me suis vite habitué à l’éloignement avec ma famille. Lorsque j’avais 11 ans j’étais déjà parti faire des tests à Saint-Etienne pendant 3-4 jours, je savais à quoi m’attendre. En arrivant à l’OL, je me suis vite mis dans ma bulle et je pense que c’est ce qui m’a aidé à aller de l’avant.

C’est compliqué pour un enfant de 13 ans de vivre dans un centre de formation, non ?
De 13 à 15 ans, on vit à l’internat du collège. On y est toute la semaine, on rentre le vendredi soir dans nos familles et on repart le samedi ou le dimanche pour jouer le match du week-end. C’est assez compliqué. Tu es loin de tes parents et le rythme est soutenu. C’est difficile pour un jeune de 13-14 ans.

Et les études ?
Le système est bien fait en France. Au collège, le Sport-Etudes permet d’aller en cours jusqu’à 15h et de partir ensuite à l’entraînement. Au lycée, en seconde, on a des horaires aménagés comme par exemple un mercredi sans cours, qui est le jour où on a deux entraînements. Dès qu’on passe en première, tout le monde choisit sa filière et les joueurs perdent la possibilité d’avoir des plannings adaptés. Si on rate un cours, il faut le rattraper. J’ai eu mon bac il y a deux ans.

Que retiens-tu de ces années au centre de formation ?
Il faut faire d’énormes sacrifices pour rejoindre le plus haut niveau. En tant que footballeur, on ne le fait pas par obligation, on le fait naturellement. Je retiens également beaucoup de bonheur de mes années passées au centre.

Ton meilleur souvenir de footballeur ?
C’est mon titre de champion d’Europe avec les M17 de la France en 2015. On ressent des choses tellement fortes à ce moment-là. On reçoit beaucoup également de nos proches. Ma famille était tellement fière de moi, ils n’en revenaient pas !

Comment te sens-tu au Servette ?
Je me sens hyper bien ici. C’est ma première expérience hors de l’Olympique Lyonnais et je dois dire que je prends beaucoup de plaisir. Le Servette a une philosophie que j’apprécie. C’est un club familial, posé, tout en étant très professionnel. A Genève, je ne me sens pas vraiment à l’étranger car on est tout près de la France.

Quand tu es arrivé, c’était la première fois que tu venais en Suisse ? Comment tu trouves ce pays ?
J’ai été surpris du très bon accueil qui m’a été réservé par les joueurs, le staff technique, la direction et le personnel administratif du club. La Suisse est un pays qui sait accueillir les gens. Ici, tu peux marcher dans la rue et entendre 50 langues en deux minutes (rires). J’ai apprécié tout de suite la mentalité. Les gens sont tranquilles, ça va doucement, on fait les choses les unes après les autres sans se précipiter. C’est une belle découverte !

Tu t’es intégré facilement ?
Oui je me suis bien intégré, facilité par le fait que j’ai été bien accueilli. J’ai un état d’esprit qui m’y aide, dans la mesure où j’aime bien déconner et que je suis un blagueur.

De qui es-tu proche dans l’équipe ?
Je traîne beaucoup avec Jeremy Frick et Sébastien Wüthrich. Cela étant dit, je m’entends très bien avec tout le monde.

L’ambiance est bonne dans le groupe, non ?
Il y a une ambiance que je n’ai jamais vécue à l’OL. C’est assez familial, il n’y a pas de tensions et tout le monde s’apprécie. On ne retrouve cela nulle part ailleurs.

Parle-nous de Gérard Bonneau, qui t’a fait venir à Lyon et à Servette.
Il a fait les démarches pour me recruter à Lyon lorsque j’avais 13 ans. Il était chef de la cellule de recrutement à Lyon pour les jeunes. C’est une personne que j’apprécie énormément et qui est haut dans mon estime. Il a toujours été présent pour moi et j’essaie de lui retourne la confiance qu’il me témoigne. J’imagine qu’il n’est pas étranger à ma venue à Servette.

On part sur des questions plus générales. Qui prendrais-tu dans ton équipe de foot à 5 ?
Je prends Coutinho, Neuer dans les buts comme il est grand il prend toute la cage (rires). Ramos en défense et je finis avec Hazard. Il est technique. Dans un foot à 5, il met ses fesses en arrière et personne ne lui prend la balle !

Si tu devais vivre une journée dans la peau d’un autre sportif ?
Bonne question… Je ne me vois pas vraiment dans un autre sport. Allez, malgré ma taille, je dirais un basketteur, Stephen Curry. J’aime marquer des points (rires).

Tu n’as jamais pratiqué d’autres sports ?
J’ai toujours fait du foot. Dans ma campagne natale, entre jeunes, on faisait plein d’autres activités. On avait, par exemple, des après-midis rugby car certains de mes potes y jouaient.

Si tu devais jouer dans une équipe d’un autre sport collectif ?
Je dirais une équipe de rugby. Je n’aime pas trop l’équipe de France. Les All-Blacks sont au-dessus. Ils ont le rugby en eux et ont organisé leur mode de vie en fonction de ce sport. J’aimerais bien porter leur maillot.

Quel joueur mettrais-tu en avant pour le prochain programme de match et que doit-on lui poser comme question de ta part ?
Jeremy Frick, pourquoi fais-tu toujours Superman dans tes sorties aériennes ?

Et on finit avec une question de Schalk pour toi. Pourquoi as-tu autant de peine avec les langues étrangères ?
Schalk et Follonier tentent de m’enseigner l’allemand, mais c’est vrai que c’est compliqué. Il est injuste car c’est grâce à moi qu’il progresse aussi vite en français ! A l’école j’étais pas mal en espagnol, mais une vraie catastrophe en anglais. Cela étant, c’est grâce à moi que Schalk peut se défendre sur le terrain quand il se fait insulter, je lui ai appris deux-trois mots (rires). Mais ça, il ne vous l’a pas dit apparemment.