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Lors de chaque rencontre à domicile, une grande interview d'un joueur est publiée dans le programme de match. Nous vous le faisons découvrir sur notre site internet. Aujourd'hui, Alex Schalk.


Alex, pourrais-tu te présenter pour les personnes qui ne te connaîtraient pas encore ?
J’ai 26 ans et je viens des Pays-Bas. Je suis né et j’ai grandi à Breda au sud du pays. J’ai fait toute ma scolarité jusqu’à obtenir l’équivalent d’une maturité, avant de m’orienter uniquement sur le football. A 18 ans, j’ai fait une magnifique saison avec une équipe de l’académie du NAC Breda, ce qui m’a ouvert les portes de la première équipe. J’y ai joué deux saisons et demi avant de rejoindre le PSV où j’ai passé la plus belle saison de ma vie.

Au PSV, tu étais avec les M21 du club, c’est cela ?
Oui tout à fait, mais je m’entraînais avec la première équipe. Cela étant, avec les M21 nous jouions en deuxième division ce qui est déjà un bon niveau. C’était fantastique pour moi car je m’entraînais avec certains des meilleurs joueurs hollandais tout en jouant dans une division professionnelle. Philip Cocu était en charge de la première équipe et tout était organisé parfaitement, c’était la classe mondiale. Le mardi après-midi, c’était spécifique attaquant avec tous les joueurs des M18 jusqu’aux pros. Ruud Van Nistelrooy s’occupait de cet entraînement et était secondé par Boudewijn Zenden, Cocu lui était uniquement là en tant qu’observateur tout comme son adjoint Mark Van Bommel. C’était extraordinaire de faire des spécifiques attaquants entouré de tous ces grands champions, j’ai beaucoup appris. Park Ji-Sung était revenu d’Angleterre et il était une grande inspiration également pour nous les jeunes.

Tu es ensuite parti à Devanter au Go Ahead Eagles.
Oui, j’étais jeune et j’avais besoin de temps de jeu. Le club venait de monter en première division et cherchait un buteur, j’ai sauté sur l’opportunité. Nous avons malheureusement été relégué lors de cette saison et les dirigeants ont licencié le coach. Le nouvel entraîneur voulait me faire jouer sur l’aile et on n’a pas réussi à s’entendre sur ma position. La direction du club a été très classe et m’a laissé un bon de sortie que j’ai saisi. Je suis arrivé à Ross County.

Tu es resté deux ans à Ross County ?
Deux ans et demi oui. Signer dans ce club a été la meilleure décision de ma carrière. J’ai tout de suite été important pour l’équipe et nous avons gagné la Coupe de la Ligue dès la première saison. On a fini sixième au championnat, ce qui est énorme pour un club comme Ross County. On a placé ce club sur la carte du football écossais. Ensuite, je suis arrivé à Servette.

Comment tu te sens depuis ton arrivée à Genève ?
Très bien. Dès le début, tout le monde m’a aidé à me sentir à l’aise que ce soit les joueurs ou tout le staff administratif et technique. Toutes ces personnes m’ont aidé à faire de Genève ma seconde maison. La recherche d’appartement, les assurances sont des points importants à régler lorsque l’on arrive dans un club. Ces adaptations font qu’il est difficile de ne penser qu’au football pendant une période. Cela prend du temps et c’est parfois frustrant, ce d’autant plus que je me suis blessé en début de saison. Grâce à de nombreuses personnes du bureau du SFC que je remercie, j’ai maintenant j’ai trouvé un appartement et je commence à découvrir cette ville magnifique qu’est Genève. C’est une ville fantastique qui possède une belle équipe de football. Nous avons un bel effectif composé de très bons joueurs.

Avais-tu déjà entendu parler de Genève avant ton arrivée ?
A partir du moment où Routis est arrivé à Ross County, oui (rires). Chaque semaine j’entendais « Genève c’est trop bien mon pote » ! Il parlait de cette ville tout le temps et ne cessait jamais de faire des rappels du style, « Tu sais, il fait froid ici. Mais parfois à Genève, c’est pire l’hiver ! ». Sinon, j’ai de la famille qui vient skier en Suisse de temps en temps et qui m’en avait parlé. Après, je connaissais aussi le côté international de la ville à travers des institutions comme le CERN par exemple.

Routis était un de tes meilleurs potes à Ross County ?
L’un de mes meilleurs amis, oui. Vous savez, entre joueurs étrangers, on forme plus facilement des groupes. Lorsque Chris est arrivé, j’étais déjà au club depuis une saison et je l’ai aidé à s’intégrer. Il habitait à 200 mètres de chez moi, donc on faisait pas mal de trucs en commun et on allait tout le temps ensemble à l’entraînement. C’est une relation spéciale avec lui, mais je garde aussi plein de bons souvenirs d’ex-coéquipiers là-bas.

Tu suis encore les résultats de tes anciens clubs ?
Bien sûr ! Pas seulement Ross County d’ailleurs, mais aussi de Breda et du PSV. Je regarde également les résultats des clubs des joueurs avec qui j’ai évolués. En ayant joué au PSV et avec les équipes nationales juniors des Pays-Bas, certains de mes ex-coéquipiers participent aujourd’hui à la Ligue des Champions. Van Dijk est à Liverpool et vient de Breda comme moi. On a joué ensemble avec les jeunes Hollandais, on allait ensemble aux réunions. Maintenant je regarde ces matches à la télévision ! C’est la même chose avec Depay qui est à Lyon.

La vraie équipe de ton coeur c’est le NAC Breda non ?
Oui, tout à fait. C’est le club de mon enfance, j’y ai joué durant treize années. Quand j’étais petit, c’était le club dans lequel je voulais évoluer.

Comment expliques-tu que l’équipe nationale des Pays-Bas n’ait pas réussi à se qualifier pour la Coupe du Monde 2018 ?
Je pense que chaque nation connaît des vides générationnels qui s’expriment de manière plus ou moins forte sur les résultats. C’est vrai que quand on est la Hollande, on ne peut pas se permettre de rater des grandes compétitions. On doit tout le temps être présent. L’ancienne génération des Robben, Sneijder,Van Persie et consorts s’en est allée et c’est à la nouvelle de reprendre le flambeau. Nous avons besoin de jeunes joueurs qui prennent leurs responsabilités et ceux qui arrivent sont très forts. Van Dijk, Depay, De Ligt sont des joueurs à très fort potentiel et je pense qu’avec l’accumulation de temps de jeu et d’expérience, nous serons de retour en 2022.

Qui t’a transmis ce virus du football ?
C’est mon papa qui m’a transmis ce virus. Il était joueur au NAC Breda également mais n’a jamais réussi à entrer en première équipe. Il aimait un peu trop la fête et était trop arrogant pour passer ce cap. Mon petit frère est un peu comme lui, très talentueux mais pas assez concentré sur le football.

Qui était ton idole lorsque tu étais plus jeune ?
J’ai toujours admiré Aguero depuis mon adolescence.

Et un joueur hollandais ?
Vous savez pour moi, une idole doit être quelqu’un à qui l’on pourrait ressembler sur certains points. Si par exemple je vous dis Van Persie, je sais que je ne serai jamais le même type de joueur que lui. Robben est un joueur fantastique mais, dans ma conception, ça ne peut pas être mon idole, car je n’aurai jamais son style de jeu. Aguero, je l’ai toujours vu comme le type de joueur que je voulais être. Quand j’étais à Breda, j’avais aussi une idole qui jouait en première équipe, c’était Viktor Sikora. Ça c’est le genre de profil de joueurs que j’aime, à la Kevin Gameiro.

A t’écouter, on sent une réelle passion pour le football. Certains joueurs nous confessent parfois ne pas suivre plus que ça l’actualité de leur sport. Toi, tu es à fond ?
Je regarde tout le temps du football, j’adore ça. Je suis par exemple le football écossais. J’ai besoin de voir toutes les images de tous les matches le lundi après le week-end. Bien sûr, je regarde aussi les championnats d’Angleterre, d’Espagne et d’Italie ainsi que la Champions League.

As-tu d’autres passions dans la vie ? Hors du football ?
Oui j’en ai d’autres. Le football prend beaucoup de place dans ma vie oui mais j’ai d’autres passions… Laisse-moi réfléchir… C’est vrai que là comme ça je n’ai rien qui me vienne (rires). J’aime bien les jeux vidéo mais je ne pourrais pas dire que c’est une passion. Le football professionnel, ça prend beaucoup de temps et laisse peu de place pour le reste… Je m’intéresse aussi aux affaires de ce monde, aux conflits armés qui surgissent ici et là. Je n’aimerais pas qu’on me parle d’une actualité dont je ne suis pas au courant.

Que veux-tu faire dans la vie après le football ?
C’est difficile comme question. J’ai fait des études, obtenu ma maturité et étudié le marketing à l’université de Rotterdam, donc je suis prêt à reprendre les études là où je les ai laissées.

Passons à des questions plus générales. Tu prends qui dans ton équipe de foot à cinq ?
J’ai vu que Routis n’avait pas pris de gardien donc moi j’en prends un, Buffon. Je prends aussi Johan Cruyff, Aguero, Messi et moi-même. Mince, je n’ai pas pris de défenseur… Allez j’en prends un et on joue à 6 ! Va pour Materazzi.

Si tu devais être un athlète d’un autre sport ?
J’aime bien la Formule 1, donc Max Verstappen mon compatriote.

Si tu devais jouer dans une équipe d’un autre sport collectif ?
Les All-Blacks, mais attention sur les ailes hein, pas en première ligne.

Qui sera le prochain joueur à être interviewé ?
Timothé Cognat.

Quelle question doit-on lui poser pour toi ?
Pourquoi est-il si mauvais en langue étrangère ?