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Lionel Pizzinat a disputé de nombreux derbys en tant que joueur. Il s’apprête à vivre le premier dans la peau d’un membre du staff servettien. Entretien.


Qu’est-ce que le derby représente pour toi ?

J’ai eu une carrière de joueur relativement longue donc quand on me parle du derby, j’ai tout de suite des images de matches qui me reviennent à l’esprit. Quand j’étais plus jeune, j’allais voir ces rencontres aux Charmilles, puis j’ai eu la chance de jouer ces rencontres. Ce qui est inscrit au plus profond de moi, c’est la défaite en finale de Coupe en 1996 même si j’ai vu en vous lisant qu’elle avait été annulée entre temps (rires). J’avais 18 ans et j’ai joué ce match alors que je venais de perdre mon papa. On est passé par tous les états d’âme en menant 2-0 avant de finir par s’incliner.

Je garde en souvenir aussi les derniers lors de la remontée en Super League et ce fameux 0-4 à Tourbillon. Le 4-0 à la Praille reste aussi dans ma mémoire. Cela étant, la plus importante pour moi reste celle que nous avons acquis dans les derniers moments de la présidence Pyshiar. Nous n’étions pas payés et n’avions même pas le budget pour dormir à l’hôtel avant le match. Nous nous étions allongés dans l’herbe après le repas, sans avoir accès à des lits. Nous étions arrivés dans ces conditions bizarres à Tourbillon mais on avait obtenu une victoire au forceps. Ce sont des souvenirs importants.

En tant qu’ancien, tu transmets l’importance du derby aux joueurs actuels ?

Je pense que tout le monde est au courant. Ils savent que c’est un derby et que c’est important pour les supporters et le club. Cela étant, je ressens un peu moins d’électricité dans l’air par rapport à mon époque. Je vois les joueurs un peu plus sereins, ils ne se mettent pas plus de pression que ça. Le système actuel fait aussi qu’il y a au moins quatre derbys par année et qu’ils perdent, de facto, un peu de leur importance. Après, je sais que ce sera différent le jour du match. Avec l’engouement populaire, ce sera différent.

Il y a actuellement autant de Valaisans à Servette qu’à Sion. Un de plus même si on compte Alain Geiger.

C’est peut-être cela qui rend ce match moins électrique qu’à l’époque. Le football a changé, les joueurs changent plus souvent de clubs. Il y a moins de Valaisans à Sion, mais il y en a toujours autant à Servette (rires). C’est peut-être une des raisons du désintérêt du public sédunois pour son équipe, et c’est dommage. De notre côté, il y a aussi un roulement de joueurs mais l’histoire d’amour entre le SFC et les Valaisans perdure. Si on me demande ce qu’il faut au prendre au Servette pour que ça marche je réponds toujours : « des Valaisans » !

Tu es en contact avec d’anciens coéquipiers qui te parle du derby ?

Non, pas plus que cela. J’ai eu Xavier Kouassi au téléphone dernièrement, on est toujours resté en contact. Nous avons vécu des grands moments ensemble tout comme avec Oscar Londono qui est également de l’autre côté maintenant en tant qu’assistant. On est dans des positions où on ne va pas trop se parler non plus avant la rencontre, mais on se prendra dans les bras samedi avant le match.