Pédat : C’est dur de jouer au Servette

ServetteFC.ch | Publié le : 17.03.09 à 12:47
Eric, ancien capitaine du Servette FC, est un gardien emblématique du club. Il a remporté les deux derniers titres de l’histoire du Servette FC : Champion Suisse en 1999 et vainqueur de la Coupe Suisse en 2001.
Que pensez-vous de la création du club "Hall of Fame" ?
C’est une super initiative. Même si nous ne vivons pas dans le passé, nous aimons bien nous rappeler l’histoire. Cela permet de redorer le blason du club, de se souvenir et pour les plus jeunes de savoir ce qu’il s’est passé avant.

Quel est votre plus beau souvenir en tant que joueur du Servette FC ?
Je vais dire le titre de Champion Suisse et avoir gagné la Coupe Suisse. Ce sont de moments importants dans une carrière. Le titre parce que ce n’est jamais une évidence de le gagner. Et puis la Coupe, parce que j’avais perdu 5 demi-finales. J’étais content de gagner cette compétition. Sinon, je retiens aussi le parcours européen en 2001-2002 avec les matches contre Slavia Prague, Real Saragosse, Hertha Berlin et Valence.

Pour vous, quel est le joueur qui représente le mieux la légende du Servette FC ?
Pour moi, ce sont surtout les Genevois qui ont marqué le Club. Je vais parler de Barlie, même si malheureusement je ne l’ai jamais vu jouer. Sinon, de la génération après Barlie, je me souviens de Guyot, Schnyder et toute cette génération qui a eu du succès. Sans parler de Fatton. Je l’ai découvert à travers les anciens. Si on est un passionné du Servette FC, on s’intéresse à l’histoire du Club. Des joueurs comme Fatton et Doerfel, j’en ai beaucoup entendu parler. Pour moi ce sont des légendes. Dans les dernières générations, il y a eu Aeby, Castella. Ce sont tous ces Genevois qui m’ont marqué.

Par rapport à votre carrière au Servette FC, quels sont les joueurs qui vous ont marqué par leur prestance, leur attitude, leur mentalité ?
Sergio Gamberini, en 1990. Pouvoir être avec des copains genevois comme Duchosal et Gamberini c’était des supers moments. Il y avait plusieurs joueurs qui arrivaient en tant que stagiaire dont je faisais partie. Nous étions très solidaires pour essayer de prendre une place au milieu des ténors. Il y avait beaucoup d’étrangers et peu de Genevois, pour nous c’était déjà une fierté de faire partie de la première équipe. Affectivement j’ai passé beaucoup de temps avec Durix et Vurens. Le plus grand, celui qui était un seigneur quand il est arrivé, qui avait une grande classe, c’est Igor Dobrowolski. Il était très fort, très généreux en dehors du terrain, c’était une star en Russie. Sur certains matches, il nous a fait des exploits exceptionnels. Il pouvait gagner des matches à lui tout seul. En général et quels que soient les noms, c’est assez rigolo, mais j’ai des très bons contacts avec les Valaisans. Tous les Valaisans qui sont venus au Servette ont donné un bon équilibre au Club. Je pense à Bonvin, Fournier, Rey. Ils sont plus terre-à-terre et ce sont des travailleurs à outrance. Tandis que les Genevois sont plus olé olé. C’est pour cela qu’il y avait un bon équilibre.

Comment s’est passé l’après-football?
Pour moi c’était toujours un point d’interrogation. Je me faisais beaucoup de soucis de par mon éducation, on m’a toujours fait comprendre que le football n’était pas réellement un métier et qu’il fallait faire quelque chose à côté. Durant toute ma carrière, j’avais, dans un coin de ma tête le soucis de la reconversion. Lorsque la première opportunité s’est profilée, je n’ai pas trop réfléchi. C’est une solution qui mettait en avant l’enseignement, surtout des jeunes. Je n’ai pas trop réfléchi ce qui a facilité ma décision. En plus, j’avais fait le tour au niveau sportif. J’avais remporté deux titres. La boucle était bouclée. L’offre est tombée au bon moment. Je ne remercierai jamais assez Stéphane Guex qui m’a offert le match d’adieu contre Barcelone. C’était la cerise sur le gâteau. Je pouvais tourner la page, j’avais l’impression d’avoir fait mon devoir. Je suis comblé parce que j’ai toujours dit que je voulais voir mon gamin grandir. Dans la structure où je suis, je le vois beaucoup. À présent, je peux également faire du ski, sport que j’affectionne particulièrement.

Actuellement, est-ce que vous suivez les résultats du Servette FC ?
J’ai un peu culpabilisé de ne pas être présent aux matches, je n’étais pas assidu. J’étais sur Rolle et puis je devais me mettre en place par rapport à mon boulot. Et ensuite, tout s’est enchaîné dans la mauvaise spirale. Avec la faillite, la chute en première ligue. À ce moment, j’ai un peu décroché. Je dois avouer que je suis les résultats à 80% dans les journaux et le reste au travers de témoignages d’amis. Je vais essayer de venir plus souvent aux matches. C’est dur de jouer au Servette. Toutes les équipes veulent épingler le Servette FC à leur palmarès. Il faut être plus fort que les autres pour être à niveau égal. Je me mets à la place des joueurs, ce n’est pas évident. Il y a une grosse attente. À Genève, les gens sont très critiques, très influençables et parfois très durs. Si on arrive juste à décrocher une spirale positive de 1 ou 2 victoires. Il y aura un rayon de soleil bientôt.

Que pensez-vous du match d’aujourd’hui (ndlr : match contre Yverdon-Sport FC le 22 mars 2009)?
J’ai toujours eu de la peine contre Yverdon. C’est une équipe qui joue bien au football. Ce n’est jamais une équipe facile à manœuvrer. Ils ont un bon fond de jeu. Mais je pense que Servette, à la maison, avec le cœur et la volonté peu faire quelque chose.

Dans votre carrière, avez-vous été dans une situation similaire au classement ?
Sans faire erreur, en 1989. Nous étions tombés dans le tour de relégation. Le match de la peur était, d’ailleurs, contre Yverdon. Si nous perdions contre Yverdon nous étions directement relégués en LNB. Je crois que nous avions fait 1 à 1. Cela n’a pas été facile. Je me souviens de cette pression médiatique, de cette pression sur le terrain. Tout d’un coup, on a l’impression de ne plus savoir jouer au football. Le mental joue un rôle très important dans ce genre de situation. Pour finir, nous avions réussi à nous maintenir.

Pour finir, un mot pour nos supporters ?
Les visages des supporters actuels me sont connus. Ce sont des fidèles qui sont toujours présents. Qu’est-ce que je peux leur dire : simplement de rester toujours fidèle au Club. Sur le long terme, cela va payer.

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