Article

Ferrillo : Chacun doit être un élément-clé

ServetteFC.ch | Publié le : 08.11.09 à 10:40
Nous avons rencontré Raphaël Ferrillo, entraîneur des M15, accompagné de son adjoint David Pillonel afin de faire le point sur leur équipe en ce début de saison.
Vous êtes les entraîneurs des M15, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
D.P : J’ai 24 ans et cela fait 10 ans que j’entraîne. J’ai été entraîneur à Saint-Paul et à Bernex. J’ai entraîné des plus petits au plus grands, une équipe féminine ainsi que des gardiens pour des entraînements spécifiques. Je suis depuis deux ans au Servette FC. L’année passée, j’avais l’équipe des M12. Cette année, je me suis associé à Raphaël Ferrillo afin d’entraîner les M15.

R.F : J’ai 45 ans et cela fait une dizaine d’années que j’entraîne des équipes de football. Je me suis occupé des classes des juniors E jusqu’aux juniors B. Arrivé lors de la saison 2008-2009 au Servette comme entraîneur des M13, être l’entraîneur des M15 représente ma première expérience dans le football d’élite. En tant que footballeur, j’ai joué en juniors au Servette. Ensuite, j’ai joué à Carouge et à Vernier en première ligue.

Pouvez-vous nous présenter votre équipe ?
D.P : Nous avons un groupe de 21 joueurs dont deux gardiens. Ces temps, nous avons pas mal de blessés. C’est donc plutôt bien d’avoir un groupe élargi dans cette période compliquée de leur croissance. Hormis un joueur, ils proviennent tous de l’équipe des M14 de l’année dernière. Ils connaissent bien la maison et ils ont déjà l’habitude des charges d’entraînements et des grands matches à travers la Suisse.

Quelle est la principale qualité de votre équipe ?
D.P : Je pense que c’est un groupe qui est encore en train de se construire. Il y a une osmose qui se crée. Une harmonie entre les joueurs se met en place. Si je devais donner une qualité à notre équipe, je dirai qu’il s’agit de l’aspect technique. Lorsqu’ils ont envie de faire tourner rapidement le ballon cela peut donner des phases de jeu très dangereuses. Au niveau de la vitesse et du jeu, les joueurs ont les moyens de faire des choses vraiment très intéressantes.

Dans quel domaine votre équipe doit-elle encore progresser ?
D.P : Cela rejoint ce que je disais avant. Une osmose est en train de se créer, mais elle n’est pas encore totalement présente. Le petit défaut que nous travaillons depuis le début de la saison c’est l’aspect mental. Nous devrions avoir un état d’esprit à l’image du niveau de formation. En d’autres termes, les joueurs doivent faire preuve d’une grande volonté et beaucoup d’abnégation. Des joueurs ont déjà ce mental, mais certains doivent un peu plus apprendre dans ce domaine. Nous savons que ce n’est pas évident, parce qu’il faut composer avec les aléas de l’adolescence. C’est aussi notre rôle, à nous, entraîneur, de les aider et de les encadrer par rapport à cela.

Comment se déroulent vos entraînements ?
D.P : Nous nous entraînons quatre fois par semaine, en tout cas en période de championnat. Et nous avons un match par week-end. En période de préparation, nous avons un peu plus d’entraînement, environ cinq-six fois par semaine avec des matches de préparation. À Noël, c’est plus calme. On les laisse respirer pendant en tout cas quatre semaines.

Par rapport aux séances d’entraînement, nous avons un guide préparé par l’ASF. On s’en inspire pour élaborer nos entraînements. Maintenant, nous ne pouvons pas nous calquer complètement dessus. Nous devons nous adapter et faire en fonction du groupe et des points forts et de ses points faibles du moment. Il y a des jours où l’accent est plutôt technique, ou tactique, ou encore de condition physique. Il n’y a pas un entraînement qui se ressemble.

Quels sont vos objectifs pour cette saison 2009-2010 ?
D.P : L’objectif numéro un, c’est la progression individuelle des joueurs. A cet âge-là, le but et que chaque joueur emmagasine le plus de choses en une année. Ils doivent améliorer leurs points faibles, mais aussi renforcer leurs points forts au maximum. Maintenant, en termes de classement, on est toujours mieux et il y a plus de confiance lorsqu’on est devant. Il n’y a aucun objectif précis mis par le Club par rapport au classement. Mais c’est clair que lorsque les joueurs entrent sur le terrain, c’est pour gagner. Si nous avons une contre-prestation un week-end, nous allons exiger une réaction le week-end suivant.

R.F : Ces jeunes sont en formation. Ils ont tous un projet individuel. Leur objectif, c’est de progresser et de dépasser leurs limites. Nous n’avons pas d’objectif d’équipe par rapport aux résultats. Le classement est très important pour les joueurs car ils doivent être des compétiteurs, des "morts de faim". Par contre, pour nous, il s’agit d’avoir des joueurs qui ont tous progressé à la fin de la saison. Nous nous devons de tous les accompagner dans cet objectif de progression afin qu’ils puissent poursuivre leur apprentissage de footballeur. Cela exige de la volonté et beaucoup de travail.

Quels sont les adversaires qui vous semblent les plus redoutables ?
D.P : Nous n’avons pas encore affronté toutes les équipes. Pour l’instant, l’équipe qui nous a posé le plus de problème sur le terrain, je dirai que c’est Lausanne. Nous avons d’ailleurs perdu ce match. Sinon, il y a Sion et Fribourg qui sont des bonnes équipes. Je suis persuadé que si l’équipe arrive à jouer avec toutes ses qualités nous pouvons être une des deux meilleures équipes du championnat.

Combien de blessés avez-vous actuellement ?
D.P : Nous sommes au-dessus de la moyenne par rapport aux blessés. Quatre joueurs sont en train de revenir de grosses blessures. Ce ne sont pas des inflammations ou des blessures qui se soignent en deux semaines. Ils sont absents depuis plusieurs mois. Et puis, nous avons cinq autres joueurs qui sont blessés, mais dans une moindre mesure.

Quel est votre mot d’ordre dans les vestiaires, cette année ?
R.F : Nous avons un fil conducteur. C’est-à-dire que nous avons un jeu tourné vers l’offensive ponctué de prise de risque avec un jeu au sol et de l’animation sur les côtés. Défensivement, nous exigeons de faire preuve d’agressivité sur le porteur du ballon. L’agressivité est d’ailleurs un terme qui revient souvent dans nos théories de match. Au niveau du mental, on insiste beaucoup sur le fait d’être au service de l’équipe, de ne pas compter ses efforts, de faire preuve de courage et de solidarité. Ce sont nos mots d’ordre.

Dans quel état d’esprit sont vos joueurs en ce début de saison ?
R.F : Nos joueurs doivent s’adapter aux nouvelles règles de vie du groupe ainsi qu’à la nouvelle catégorie de jeu dans laquelle ils évoluent. Chacun d’entre eux doit remettre en question ses acquis. Chacun d’eux doit être un élément-clé de l’équipe. Tous doivent prendre des responsabilités pour le collectif. Pour certains c’est plus simple que pour d’autres. Cette première partie de saison est principalement marquée par ce type de changement.

Est-ce une fierté pour vos joueurs de porter le maillot grenat ?
R.F : Nous insistons souvent sur le fait qu’ils portent un maillot avec un écusson qui a une grande histoire. Peut-être que la génération actuelle est moins sensible à ce discours. Ils ont plus de facilité à s’identifier à des grandes équipes européennes du moment, plutôt qu’à une équipe qui est en reconstruction. Mais je suis certain qu’ils sont tous fiers de jouer au Servette parce qu’ils savent que cela signifie qu’ils représentent les meilleurs joueurs du canton. Ils font partie de l’élite du football romand.

D.P : Je pense que c’en est une. Ils viennent voir les matches au stade. Même si à l’époque ils étaient petits, ils connaissent par eux-mêmes l’histoire du Club. Ils savent qu’il y a des grands joueurs qui sont passés par le Servette.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux jeunes qui lisent cette interview ?
D.P : Tout joueur passionné par le football, doit pouvoir pratiquer son sport préféré avec plaisir. Pour ceux qui souhaitent faire plus que du football-plaisir, il faut qu’ils travaillent le mieux possible et qu’ils progressent le plus possible d’abord dans leur club et ensuite, éventuellement, venir au Servette FC. Par rapport à l’âge, je dirai qu’un moins de quinze ans ce n’est pas trop tard, mais c’est déjà tard.

R.F : Ce qu’il faut rajouter, c’est que venir - ou être - au Servette ce n’est pas une fin en soit. Aller au Servette, cela doit se faire si l’on est prêt à faire des sacrifices pour sa passion et que l’on a comme projet de jouer au haut niveau. Pour rester au Servette, la seule chose qui prime, c’est le sérieux, la discipline et le travail. Des talents il y en a partout après il faut savoir le mettre en valeur.