Article

Polidura : Le football est une école de vie

ServetteFC.ch | Publié le : 20.10.09 à 10:53
Depuis 10 ans, José Polidura est dans l'encadrement de la formation des juniors au Servette FC. Ses compétences, sa motivation et sa disponibilité font de lui l'un des piliers de notre Club.
Vous êtes l’entraîneur des M- 13, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
J’ai joué à Meyrin jusqu’en A inter. C’est là-bas que j’ai commencé à entraîner, à l’âge de 14 ans. Ensuite, en 1999, je suis venu au Servette FC. Cela fait maintenant dix ans que je suis au club. J’ai le diplôme B d’entraîneur. A côté de mes fonctions d’entraîneur des M13, je suis l’intendant au Cycle d'Orientation de Cayla qui avec le Servette FC ont mis en place un Sport Etude qui permet au M14 de pratiquer le lundi du multisports, le jeudi de la condition physique, et qui leur donne la possibilité d’étudier les mardis et les vendredis en interaction avec des professeurs du Cycle d'Orientation de Cayla. De plus, je suis le responsable du secteur M8-M13 en compagnie d’entraîneurs avec qui la complicité et la compétence fait que le mouvement juniors est en osmose avec la philosophie du club.

Pouvez-vous nous présenter votre équipe ?
Il y a 17 joueurs de champ plus deux gardiens. Ce sont tous des enfants de 1997. J’entraîne seul cette équipe des M13. C’est une volée qui pourra, l’année prochaine, monter en M14, dans le football d’élite. C’est une nouvelle étape dans leur parcours footballistique. Ils rentrent en 7ème du Cycle d’Orientation et en même temps, ils passent au jeu à onze sur le terrain. Il y a plein de nouveautés pour eux. Ce n’est pas évident de gérer tous cela. Mais c’est vraiment un beau défi.

Quelle est la principale qualité de votre équipe ?
C’est une volée homogène. Les joueurs sont solidaires entre eux. Ils travaillent très bien aux entraînements. Sinon, par rapport au jeu, l’équipe est douée techniquement et elle possède certaines joueurs dotés d’une bonne intelligence de jeu. J’insiste sur la qualité dans la transition << contrôle-passe >> et dans les duels 1 contre 1. Ils doivent tout faire plus rapidement étant donné que leurs adversaires sont plus athlétiques.

Dans quel domaine votre équipe doit-elle encore progresser ?
Les autres années, il y avait trois-quatre joueurs des M14 et des M15 qui pouvaient "descendre" et venir renforcer l’équipe des M13. Ces joueurs apportaient de la puissance et l’on pouvait passer l’épaule lors des matches. Cette année, c’est la première fois pour nous que nous n’avons plus le droit de le faire étant donné que le Servette FC est aujourd’hui doté d’une SA (M14 – 1ère) et d’une Association (M8-M13). Alors, physiquement c’est très dur pour mon groupe, parce qu’ils jouent contre des joueurs qui ont souvent deux ans de plus. En plus, j’ai une équipe qui est très petite. La moyenne est de 1m48. Il faut bien s’imaginer que mes joueurs sont en 6ème primaire ou en 7ème du Cycle et qu’ils jouent le plus souvent contre des 9ème du cycle. Il y a une grande différence sur le plan physique et mental.

Est-ce que vos joueurs ont un sentiment de peur lorsqu’ils jouent contre ces équipes qui sont plus athlétiques ?
Lors de notre premier match, face à Compesières, la plupart de leurs joueurs devaient mesurer 1m70. Dans le jeu, ils ne sont pas forcément plus à l’aise dans les gestes techniques ou dans le jeu posé, mais ils sont imposants. Pendant les quinze premières minutes de ce premier match, mes joueurs étaient impressionnés. Ce qui fait qu’ils rataient certaines passes et contrôles. En fait, tous les gestes techniques à faire devenaient compliqués. Heureusement, cela n’a duré que quinze minutes. Ensuite, ils se sont mis dans le bain. Depuis, lors de tous nos autres matches, ils n’ont plus peur du tout. Ils se donnent à fond pour livrer la meilleure prestation possible.

Comment se déroulent vos entraînements ?
Nous avons l’entraînement les lundis, mercredis et vendredis de 17h à 18h30. Et nous avons un match les samedis. Pour les entraînements, je me base sur le classeur de préformation de l’ASF. Sachant que ce programme est destiné aux M-14 et M-15 je dois l’adapter au niveau de la charge de travail pour mes joueurs. C’est un programme annuel. Avant, j’avais l’habitude de travailler par thème. Avec ce classeur ASF, c’est différent. Il n’y a pas forcément un thème hebdomadaire qui se dégage des entraînements, mais il est évident que son approche méthodologique m’apporte une nouvelle façon d’opérer. A noter que ce classeur est utilisé par la grande majorité des équipes professionnelles en Suisse, je pense notamment au FC Bâle, au FC Sion, etc. C’est une manière d’uniformiser le football suisse et les résultats de ce programme seront visibles d’ici quelques années.

Quels sont vos objectifs pour cette saison 2009-2010 ?
Actuellement, nous jouons dans le 1er degré du championnat C1. L’exploit serait de se maintenir, pour le deuxième tour, en 1er degré. Pour cela nous devons finir dans les six premiers. C’est plutôt un objectif interne entre l’équipe et moi. Par contre, ce qui est le plus important, c’est la progression individuelle.

Quels sont les adversaires qui vous semblent les plus redoutables ?
Je ne regarde pas vraiment le classement, c’est surtout mes joueurs qui le font et qui en parlent entre eux. Mais, il y a une équipe qui se dégage fortement du classement, c’est Onex. C’est la même volée qui nous avait battue l’année dernière en finale de Coupe Genevoise. C’est une équipe de 1995.

Quel est votre mot d’ordre dans les vestiaires, cette année ?
Il n’y a pas vraiment de mot d’ordre dans les vestiaires. Néanmoins, je pense que certaines valeurs importantes telles l’humilité, la qualité, le courage, le travail et le plaisir sont des mots qui reviennent souvent dans le vestiaire. Les joueurs sont là pour prendre du plaisir, mais également pour travailler. Le football est une école de vie. Un entraînement est fait pour travailler et pour s’améliorer.

Dans quel état d’esprit sont vos joueurs en ce début de saison ?
Il y a une belle dynamique dans le groupe. Ils savent qu’ils doivent redoubler de travail pour qu’on les reconnaisse sur Genève et peut-être au niveau national. L’état d’esprit est vraiment excellent. Ils sont très solidaires, c’est vraiment un groupe lié. J’espère maintenant que cette dynamique va continuer. Parfois il suffit d’un rien pour que la situation change. C’est à moi de rester vigilant. Parce que mon rôle, ce n’est pas simplement d’être entraîneur. Il faut gérer les problèmes avec les enfants et parfois les parents. Il y a plein de facteurs qui font que je suis plutôt éducateur-entraîneur. Il y a tout un aspect de psychologie et de pédagogie à gérer et cela prend du temps.

Est-ce une fierté pour vos joueurs de porter le maillot grenat ?
Bien entendu, c’est une grande fierté pour eux de porter le maillot du Servette. En plus, ils sont présents à tous les matches de la première équipe au Stade de Genève. Ce sont eux les ramasseurs de balles et les distributeurs de flyers que les supporters et les spectateurs croisent à chaque sortie du Servette FC à la Praille que ce soit un mercredi soir à -2° ou un dimanche après-midi à 32°. Ils viennent une heure avant le match et souvent ils repartent trente minutes après. Ils sont toujours présents avec le sourire et beaucoup d’enthousiasme. Ils consacrent de leur temps libre pour le Servette FC. Cela prouve qu’ils aiment leur Club. Porter le maillot pendant leurs matches, c’est une fierté. Le fait d’appartenir à la famille du Servette, c’est également une fierté.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux jeunes qui lisent cette interview ?
Malgré le fait que la première équipe du Servette FC joue en Challenge League, l’aura du Servette FC est intacte. Lors de nos divers tournois internationaux, les clubs les plus prestigieux ou les plus lointains, de l’Inter de Milan à la sélection de Dakar, je peux vous certifier que le Servette FC est reconnu par son histoire mais aussi par son travail actuel. La place du Servette FC est en Super League. Tous les jeunes qui jouent au Servette doivent être fiers de porter ce maillot. Pour ceux qui ne sont pas au Servette, j’ai envie de leur dire qu’ils sont les bienvenus pour voir le travail fait au quotidien au stade de Balexert, mais je les invite aussi à faire des essais pendant l’année ou lors des journées de détections que nous organisons au mois de mai. Souvent, on pense que la porte du Servette est fermée, mais c’est faux. Les jeunes doivent savoir que le club est ouvert à tout le monde.