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Lanza : je suis quelqu’un de clubiste

ServetteFC.ch | Publié le : 15.10.09 à 14:59
Il a découvert de nombreux talents du football suisse et est en charge depuis bientôt un quart de siècle de la classe d'âge des 14-15 du Servette FC. Il a toujours terminé dans les 3 premiers du classement de cette catégorie d'âge. Il, c'est bien sûr Christian Lanza, personnage incontournable de l'Académie du Servette FC.
Vous êtes l’entraîneur des M-14, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Lorsque j’ai terminé de jouer, je suis devenu entraîneur pendant environ quatre-cinq ans au CS Chênois, club dans lequel évoluait mon fils. C’était ma première expérience en tant qu’entraîneur. Et puis, en 1986, je suis venu au Servette FC. C’est actuellement ma 24ème saison d’affilée. Je me suis toujours occupé de la classe d’âge des 14-15 ans, à savoir les C inter 1, puis les M14. Je suis en possession d’un diplôme B+.

Pouvez-vous nous présenter votre équipe ?
L’équipe des M-14 est composée de 20 joueurs dont 2 gardiens. L’effectif est bien réparti, il y a six défenseurs, six milieux de terrain et six attaquants. Ce sont les M-13 de l’année dernière. Ce qu’il est important de dire, c’est que pour la première fois ils sont dans un sport étude. Tous les joueurs sont au Cycle d’Orientation de Cayla. C’est un long processus qui s’est mis en place finalement cette année. Cela grâce au soutien de M.Charles Baer, Président du DIP, qui a donné son accord, et également grâce au Directeur de Cayla, Monsieur Bischofberger, qui s’est beaucoup impliqué dans ce projet. Ensuite, la direction technique du Servette a fait tout ce qu’il fallait pour que cela marche cette saison avec la mise en place des structures, la nomination de José Polidura au poste d’intendant, l’organisation des transports, des repas, etc.

J’ai également un entraîneur adjoint. Il s’agit de Marcio Lage. C’est un jeune de 18 ans qui est en train de faire sa maturité à l’école de commerce. Il a déjà une bonne expérience avec les petits, maintenant il s’intéresse au football d’élite. L’année passée il a fait quelques stages avec moi, il a très envie d’apprendre et il s’implique beaucoup. Il va bientôt passer ses diplômes d’entraîneur. Je pense que pour lui c’est une très bonne expérience d’être l’entraîneur adjoint des M-14. Pour moi aussi d’ailleurs, il m’aide beaucoup. Il est très mûr pour son âge, c’est agréable.

Il ne faut pas oublier de mentionner dans notre staff, Monsieur Philippe Marchand. Il vient tous les mardis sur le terrain pour la préparation physique, pour l’école de course et la vitesse.

Quelle est la principale qualité de votre équipe ?
C’est un groupe qui est très technique. Il y a de la qualité dans le jeu et la conservation du ballon. Sur ce plan-là, ils sont en avance par rapport aux autres volées que j’ai pu entraîner.

Dans quel domaine votre équipe doit-elle encore progresser ?
Les joueurs sont petits. Ils sont donc désavantagés face à des adversaires puissants physiquement au niveau de la force et de la vitesse. Mais cela viendra. On préfère avoir des garçons qui sont doués techniquement et qui ensuite vont se renforcer au fil des années. L’accent, à cet âge, est mis sur des aspects comme la coordination, l’école de course et le renforcement musculaire au niveau physique, de même que sur le drill des gestes de base, l’habileté dans le un contre un, au niveau technique. On apprend aussi aux jeunes les notions essentielles tactiques, mais ce domaine sera privilégié plus tard. Enfin, on teste déjà l’engagement mental des jeunes joueurs de l’élite.

Comment se déroulent vos entraînements ?
Les garçons ont, à Cayla, deux entraînements par semaine en salle qui sont donnés par José Polidura, l’intendant du sport étude. Ils ont également deux fois une étude à Cayla, c’est-à-dire qu’ils restent manger là-bas et qu’ils font leurs devoirs entre midi et deux. Ils s’entraînent également trois voire quatre fois à Balexert. Au final, l’équipe s’entraîne tous les jours. C’est très bien, mais cela pose un problème de surcharge parce qu’il y a une quinzaine de joueurs qui font partie de la sélection genevoise. Par conséquent ils ont encore des entraînements avec la sélection. C’est à nous, éducateurs, de bien gérer cela.

Dans le football d’élite, nous avons des plannings très précis de l’ASF, donc nous suivons ces consignes, avec une certaine souplesse en fonction de l’adaptation des programmes aux spécificités du groupe. Mais la base de l’entraînement est commune à toutes les équipes d’élite du pays. La charge des entraînements monte en pic jusqu’au milieu de la semaine et redescend en fin de semaine pour la préparation du match. Mardi on fait de la condition physique avec Monsieur Marchand et le mercredi, c’est assez intensif avec un long entraînement où l’on fait plutôt de la technique et de la tactique. Jeudi c’est un jour de repos, mis à part un entraînement d’école de course à Cayla. Et puis, le vendredi, on donne un entraînement basé sur la réactivité, c’est ce qu’on appelle l’entraînement d’avant match.

Quels sont vos objectifs pour cette saison 2009-2010 ?
À cet âge, nous fixons plutôt des objectifs individuels. On essaye de corriger chaque joueur pour qu’il puisse avoir un développement le plus harmonieux possible. Ensuite, c’est clair que si les choses se déroulent bien, nous espérons jouer les premiers rôles dans le championnat. Traditionnellement, les équipes M-14 et M-15 du Servette sont toujours en tête du classement. On se doit de maintenir cette qualité au niveau des résultats, car il faut transmettre la rage de vaincre. Mais ce qui prime reste la progression individuelle dans l’optique d’une préparation de chaque joueur pour l’échelon supérieur.

Quels sont les adversaires qui vous semblent les plus redoutables ?
Cette année nous avons fort à faire. Il y a plusieurs bonnes équipes. Normalement, il y a toujours trois équipes qui sortent du lot. C’est toujours Servette, Lausanne et Sion à cet âge-là. Cette année c’est de nouveau le cas, mais il faut rajouter Fribourg et Young Boys. Il y a cinq équipes qui se tiennent de très près. C’est très bien pour le championnat et cela donne des matchs intéressants.

Quel est votre mot d’ordre dans les vestiaires, cette année ?
Ce qui est important à cet âge c’est la concentration. C’est d’ailleurs souvent un problème. Pour moi, lorsqu’on rentre dans les vestiaires, c’est comme si l’on rentrait dans une église. On commence déjà à se concentrer et à penser au match. Je leur dis souvent que la concentration ce n’est pas de la crispation. La concentration et l’envie de bien faire peuvent être compatibles avec le plaisir et la progression. Le maître mot dans les vestiaires, c’est la concentration sur les objectifs à atteindre, qu’ils soient individuels ou collectifs.

Dans quel état d’esprit sont vos joueurs en ce début de saison ?
Au début ils ont eu un peu de peine à s’adapter au football d’élite. C’était nouveau par rapport à la discipline et la rigueur. Maintenant, gentiment, ils s’y mettent. Il y a un très bon état d’esprit. Ils ont envie d’apprendre, ils sont curieux. Je suis très content de l’état d’esprit et de l’engagement des joueurs.

Est-ce une fierté pour vos joueurs de porter le maillot grenat ?
J’espère ! J’espère qu’ils sont conscients de la chance qu’ils ont d’être déjà dans un club de pointe avec une bonne formation. Mais je crois qu’ils en sont conscients et qu’ils sont fiers de porter ce maillot. En tout cas, moi je suis quelqu’un de clubiste, j’adore la couleur grenat et je ne manque jamais une occasion de leur rappeler qu’ils doivent être fier de porter le maillot du Servette FC, l’un des plus grands clubs de notre pays, peut être le plus connu à l’étranger.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux jeunes qui peuvent lire cette interview ?
J’ai envie de leur dire trois choses. La première, c’est d’être patient. Parfois c’est difficile de constater que l’on joue un peu moins que d’autres. Je leur dis toujours que la roue va tourner et qu’il faut s’armer de patience et beaucoup travailler.

Le deuxième message, c’est d’essayer d’avoir la formation la plus complète possible. Il faut penser à l’école, penser à sa stabilité au niveau intellectuel, et assurer l’avenir en suivant une bonne scolarité.

Et puis, mon troisième message, c’est que les garçons doivent se faire plaisir, profiter au maximum de cette formation sportive de pointe, qui d’ailleurs leur apportera beaucoup pour leur future vie d’adultes.