Article

J-22 Fournier : Tout le monde attend ce match

ServetteFC.ch | Publié le : 04.09.10 à 07:53
Retrouvez chaque jour jusqu'au 25 septembre une interview d'une personnalité du Servette FC ayant participé au derby Servette FC - Lausanne Sport. Aujourd'hui, J-22, nous retrouvons Sébastien Fournier.
Partager
Le 25 septembre 2010, le Servette FC accueille le FC Lausanne-Sport dans ce qui devrait être le match au sommet de Challenge League. Que cela t’inspire-t-il ?
Enfin les deux clubs tiennent le haut de l’affiche et luttent pour la montée. Cela faisait un moment qu’on attendait ça. Les deux clubs ont consentis beaucoup d’efforts, ils se sont structurés pour prétendre se battre pour la montée et jouer les premiers rôles.

Lorsque tu étais joueur, les matches contre Lausanne étaient-ils des matches spéciaux ?
Lorsque je suis arrivé au club, l’équipe sortait du tour de relégation en 1997. L’équipe marchait fort en début de saison. Nous avions accueilli Lausanne aux Charmilles devant une très belle affluence, l’ambiance était spéciale, il y avait beaucoup d’attentes. A mon époque, les deux équipes jouaient en haut et nous avions eu droit à de belles confrontations, je pense à la demi-finale de Coupe Suisse, la finale du championnat du 2 juin 1999, c’était particulier. Maintenant que les deux équipes jouent en Challenge League, il n’y a plus ces derbys contre Sion ou Xamax, ce qui fait que le seul vrai derby qui reste est celui contre Lausanne, d’où un attrait particulièrement important pour ce match, tout le monde attend ce match. Le public est privé de ces grands derbys depuis quelques saisons, c’est pour cela que l’attrait pour ce match devient extraordinaire. En tant que Valaisan le match particulier pour moi reste Servette-Sion, je m’identifie personnellement plus à cette confrontation en tant que supporter servettien mais étant donné la proximité entre les deux villes de Lausanne et de Genève c’est normal que ce match déchaîne les passions. Avec tout l’aspect médiatique autour de ce match cela attirera plus de monde, il y a aura plus de vie au stade et c’est magnifique. Maintenant il ne faut pas se cacher, il y aura une pression particulière avec tout cet attrait populaire et médiatique autour de cette rencontre. Cela peut aussi engendrer un blocage pour certain joueurs, il s’agira de gérer et d'utiliser cette pression particulière comme motivation supplémentaire pour se dépasser et donner encore plus. Les joueurs devront être bien conditionnés, ce sont des beaux moments qu’ils vont vivre.

Et justement comment se conditionne-t-on pour un tel match ?
Ça dépend, chacun est différent, chacun a sa manière. Il faut gérer les émotions, la pression, il faut canaliser, ne pas jouer le match avant dans sa tête ou après en se disant "J’aurais dû faire ça ou ça" mais jouer le match pendant. C’est de la gestion d’athlète de haut niveau.

Tu parlais de ce fameux 2 juin 1999, tout le monde se souvient de ce match et plus particulièrement de ta transversale pour Vurens et sa reprise magique. Qu’est-ce qui te passe dans la tête au moment de l’ouverture ?
Les longues balles du pied gauche, c’est un registre de jeu dans lequel je suis à l’aise. Longue balle ne veut pas dire balancer le ballon à l’aveugle. Quand tu joues un certain temps avec tes coéquipiers, tu as certains automatismes. Mes coéquipiers savaient que j’étais capable de jouer vers l’avant, d’amener de la verticalité dans le jeu. Quand je vois Edwin démarrer je ne me pose pas de question et j’ouvre direct. Edwin était dans un jour de grâce et a fait le meilleur usage possible du ballon. Ces longues ouvertures c’est un élément technique du foot que j’affectionne, cela engendre des renversements dans le jeu.

Lausanne-Sport effectue un magnifique parcours en championnat et en Coupe d'Europe, le Servette FC aligne les bons résultats depuis le début 2010. Quels sont les raisons de ce renouveau du football lémanique ?
C’est un long travail de fond qui a été effectué ces dernières années. Je vais parler du Servette car j’ai vécu ça de l’intérieur. On a mangé du pain noir durant des années et on est passé par tous les états d’âme. Il y a tout d’abord eu l’euphorie de la promotion peu après la faillite puis une période de stagnation ou tu t’installes dans la ligue, puis on a eu le passage au semi-professionnalisme puis le passage au professionnalisme qui a donné un gros coup d’élan au Club. Aujourd’hui le contingent est de qualité, des joueurs de choix, un important travail de fond a été fait également au niveau de la formation, c’est un travail de longue haleine. Aujourd’hui la situation, le club est stable. L’équipe est compétitive, pas seulement depuis 6 matches mais depuis environ 10 mois. Alves a amené de la stabilité, de la sérénité dans le jeu, il a construit un groupe équilibré de qualité, une équipe solidaire. Du côté de Lausanne, ce qu’ils ont réalisé en Coupe d’Europe est exceptionnel. Je parle surtout de leur performance contre Moscou. C’est le signe d’un groupe sain, solide, uni. Leur équipe s’est intelligemment renforcée. Les nouveaux joueurs amènent un véritable plus, ils marquent beaucoup, ils ont des attaquants de qualité avec Silvio et Roux, plusieurs joueurs peuvent marquer. Tu ajoutes à cela le côté suisse-allemand avec Martin Rueda aux commandes avec qui j’ai joué en équipe suisse, cela donne un bon mélange, un bon équilibre, la bonne combinaison. L’équipe s’est améliorée tactiquement et est un cran dessus physiquement par rapport à l’an passé.
S-letter