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Interview croisée : João Alves - Manuel Cujada
ServetteFC.ch | Publié le : 22.01.10 à 14:32
João Alves et Manuel Cujada (Al-Sharjah SC) ont plusieurs points communs. Tous les deux sont entraineurs de football, ils sont Portugais, ils sont de la même génération et entrainent à l'étranger des clubs prestigieux à la quête de leur glorieux passé. Interview croisée.
Quel a été ton parcours d'entraîneur et qu'est-ce qui t'as convaincu d'accepter l'offre d'un club étranger ?
Manuel Cajuda : J'ai principalement dirigé des équipes sur les continents européens et africains avant de venir ici à Sharjah. Pour moi c'était important de connaître aussi le football asiatique et j'en suis ravi. La culture du football est très différente d'un pays à l'autre. J'ai également appris à connaitre la culture locale à travers ma passion qu'est le football.
João Alves : C’est surtout le fait d’avoir une expérience à l’étranger. J’ai tout de suite sauté sur l’occasion de venir au Servette parce que c’est un grand club suisse et européen. C’est un très bon nom sur mon CV si j’arrive à obtenir de bons résultats avec ce club.
Qu'as-tu pensé de mon équipe et de ses qualités ?
Manuel Cajuda : Il n'est pas facile de juger sur un match de la qualité de toute une équipe surtout en pleine phase de préparation hivernale. Les joueurs n'ont pas encore les mêmes automatismes que durant la saison, ils sont encore en rodage. Mais j'ai tout de même dénoté des phases de jeux intéressantes qui reflètent un très bon travail collectif, des choses qui ont bien été mises en place durant les entrainements par un bon entraineur. Pour avoir une bonne équipe il faut beaucoup de préparation et de fond de jeu, cela prend du temps à mettre tout cela en place. La tour la plus haute du monde se trouve ici à Dubaï et il a fallu 6 ans pour la construire. Donc il faut consacrer beaucoup de temps pour faire une bonne équipe.
João Alves : Je suis d’accord avec Manuel, c’est difficile à juger sur un match amical, mais j’ai vu une équipe qui joue bien au ballon et qui est très technique. Effectivement il faut du temps pour construire une équipe solide.
Quel joueur de mon équipe t'as particulièrement marqué ?
Manuel Cajuda : Je dirais le numéro 17 (Esteban) et le numéro 21 (Kusunga).
João Alves : L’avant-centre Marcelinho et l’ailier droit Sanqor.
Quels sont les particularités du football dans le pays que tu évolues ?
Manuel Cajuda : Aux Emirats, cela fait 7 ans que la ligue est professionnelle. Et encore j'ai 9 joueurs semi-pro qui sont officiers de police de métier. Ca veut dire que si je ne gagne pas on va me mettre en prison (rire). A moi de m'adapter à cette culture et de préparer au mieux mon équipe.
João Alves : Le football suisse varie d’une région à l’autre. C’est très cantonal. Par exemple les équipes romandes jouent un jeu très latin comme en Espagne ou au Portugal. Les équipes du nord de la Suisse s’approchent plus du style allemand ou anglais qui est plus physique. Les Tessinois ont une solide assise défensive et peuvent fermer le jeu comme les Italiens.
Quelles sont les différences entre tes supporters et les supporters portugais en général ?
Manuel Cajuda : Ils sont très différents. Le club de Sharjah existe depuis 46 ans. Moi j'en ai plus de 50 ! C'est un club relativement jeune qui grandit avec ses supporters. Les ultras sont très passionnés par leur club.
João Alves : Les supporters suisses sont comme au Portugal. Ils poussent leur équipe vers l’avant. Parfois il y a des supporters qui abiment l’image du football par leur violence
Quel est ton objectif en terme de classement pour cette saison ?
Manuel Cajuda : Les dirigeants m’ont demandé de faire une nouvelle équipe pour redonner de la joie et de l’amour aux supporters. Le club a vécu des moments difficiles ces 8 dernières années, mais comme le Servette, Sharjah a un palmarès prestigieux. C'était la première équipe championne des Emirats (5 titres nationaux) et a produit beaucoup de joueurs pour l’équipe nationale. Lors de la Coupe du monde 1990 il y’avait 8 joueurs de Sharjah dans le 11 de l’équipe nationale!
João Alves : Mon objectif est de finir dans le haut du classement mais j’ai toujours ce petit espoir de monter, petit, certes, mais cela reste un objectif. J’ai également les défis de faire mieux qu’au premier tour avec la même équipe et on fera le bilan s’il faut du renfort pour remonter.
Qu'est ce qu'un match contre mon équipe peut apporter à la tienne ?
Manuel Cajuda : Pour moi c’était un match important. Jouer contre une équipe européenne est toujours intéressant. C'est un très bon apprentissage de se mesurer à une culture et une mentalité différente. Servette est une équipe avec un palmarès très étoffé et qui est à la quête de son glorieux passé. Quand j'étais jeune j'entendais très souvent parler du Servette!
João Alves : C’était notre premier match j’ai donc pu voir la forme physique de mes joueurs et apprécier des séquences de jeu que nous avions travaillé à l’entrainement.
Est-ce que le Portugal te manque, et si oui quoi ?
Manuel Cajuda : Pour le moment rien ne me manque. Même si je n'ai pas le mal du pays, je suis très fier de mes origines portugaises. Mais pour l'instant je dois faire abstraction de cela et apprendre de nouvelles choses ici pour justement revenir plus fort au Portugal.
João Alves : Ma famille et mes amis me manquent. Mais à Genève, je me sens un peu comme au Portugal grâce à la forte communauté portugaise. J’ai été très bien accueilli. |
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